Chers parents, 

Vous trouverez ci-dessous divers articles, réflexions autour de la parentalité et du lien avec les enfants. Nous vous souhaitons une bonne lecture ...

Chers parents, 

Vous trouverez ci-dessous divers articles, réflexions autour de la parentalité et du lien avec les enfants. Nous vous souhaitons une bonne lecture ...

Limites et interdits à l’adolescence : un conflit nécessaire

 

Les parents d’adolescent savent bien combien la question des limites, de l’autorité et des interdits est inévitable et complexe à l’adolescence.

Ces questions là font appel à la propre histoire des parents lorsqu’ils étaient eux-mêmes adolescent. Bien des parents, ayant souffert d’une éducation trop stricte, ne veulent pas imposer la même chose à leurs enfants. Ils ne vont donc pas poser de limites et d’interdits. A l’inverse, ayant souffert d’un manque de limites, d’autres parents vont être extrêmement sévères. Bien que ces exemples soient un peu caricaturaux et que tout cela se joue souvent de façon plus subtile, ils montrent que la manière dont les parents vont traverser ces questions vient aussi faire rejouer des éléments de leur propre vécu.

De plus aujourd’hui, le consensus social autour de ces questions est moins important qu’auparavant. Chacun met en avant ses principes éducatifs et il devient difficile pour les parents de prendre appui sur des normes sociales. Ainsi les parents du copain ou de la copine autorisent ce que soi-même on interdit à son adolescent. Il devient plus difficile pour les parents de tenir leurs positions.

Enfin, beaucoup de parents craignent de perdre l’amour de leurs enfants et adolescents en imposant limites et interdits.

Mais à quoi cela sert-il vraiment ?

Poser des limites et des interdits risque de créer un conflit, tout du moins, une confrontation. Mais quoi de plus normal lorsque l’on refuse quelque chose à un adolescent ? Il faut donc s’attendre à de la colère, à entendre une porte qui claque etc… Si cette réaction n’est pas toujours agréable pour les parents, elle est pourtant constructive chez l’adolescent. Il a besoin de se confronter à l’adulte, de se positionner, de se différencier de lui.

De plus, même s’il ne respecte pas l’interdit, cela permet d’instaurer des repères. L’adolescent sait alors en franchissant l’interdit qu’il est allé plus loin que ce qui lui a été autorisé.

La limite et l’interdit ont aussi une fonction rassurante. C’est, en partie, lorsque l’adolescent se sent menacé, en insécurité, qu’il risque de passer à l’acte ou d’avoir des comportements agressifs. L’adolescent attaque souvent ses parents, non pour les détruire, mais pour voir s’ils tiennent. Etre face à un adulte qui tient, qui ne s’effondre pas à la moindre attaque, va permettre à l’adolescent de grandir.

Enfin il ne faut pas oublier que l’adolescent n’est pas encore un adulte et donc qu’il a besoin aussi de lui pour trouver ses limites.

Alors même si ce passage peut paraître périlleux, il n’en est pas moins nécessaire.

Etre parent d’adolescent

« Il m’épuise à sans cesse m’obliger à répéter les mêmes choses », « Elle va me rendre folle ! », « Il va me tuer ! » « Je n’en peux plus ! », « Je suis morte d’inquiétude », « Je ne sais plus quoi faire », « Je n’y arrive plus, je la laisse faire tout ce qu’elle veut… »

Etre parent d’adolescent est une expérience souvent difficile. Cela ne va pas de soi. Quand l’enfant entre dans l’adolescence, cela peut créer chez ses parents, des angoisses, des inquiétudes, un sentiment de déprime, de l’énervement… En fait, cette entrée dans l’adolescence de l’enfant, leur demande de faire un véritable « travail psychique ».

Qu’est-ce qui se passe chez les parents ? Quel travail psychique vont-ils devoir faire ?

Les parents vont devoir faire ce qu’on appelle un travail de deuil et de séparation.

Ils vont devoir faire le deuil de ce qu’ils avaient imaginé pour leur enfant. C’est souvent le moment où l’orientation pose question, voire pose problème. Les parents avaient pu déjà imaginé des études, un travail, un style de vie pour leur enfant, qui lui en a décidé tout autrement. L’adolescent commence à suivre son propre chemin. A l’adolescence, les parents se rendent compte que leur enfant va faire petit à petit sa propre vie, ses propres choix. Et cela peut-être douloureux pour les parents lorsqu’ils se rendent compte de l’écart entre ce qu’ils avaient imaginé pour leur enfant et ce que leur enfant veut faire.

Ils vont devoir faire le deuil du regard « idéalisé » que posait sur eux leur enfant. Quand les enfants sont plus petits, en général, ils portent un regard valorisant, plutôt « gentil » sur leurs parents. Quand ils sont petits, ils veulent faire plus tard « comme maman », « comme papa ». Mais à l’adolescence, cela change quelquefois radicalement. La « super maman ou le super papa » devient tout à coup « archinulle et la mère/le père du copain est beaucoup mieux. » Il faut alors pouvoir supporter ces critiques, ces attaques sans y croire et s’effondrer. Cela est normal chez l’adolescent. L’adolescent qui « attaque » sans cesse ses parents, ne les attaque pas pour les détruire mais pour tester leur solidité. Voir ses parents y résister est rassurant pour lui. Mais ces attaques incessantes sont souvent très éprouvantes pour les parents.

Ils vont devoir faire le deuil du contrôle qu’ils ont sur leur enfant. Petit à petit, l’adolescent se sépare et acquiert une certaine indépendance. Il a besoin de mettre à distance ses parents pour se construire et grandir. Cela signifie pour les parents qu’ils vont vivre des moments d’absence de l’adolescent qui peuvent être teintés d’incertitude. Les parents ne maîtrisent pas tout le temps où est leur adolescent, avec qui, quand il va revenir, ce qu’il fait… Il va falloir que les parents renoncent petit à petit à tout maîtriser. Ils vont devoir alors lutter contre les angoisses qui peuvent les envahir quand ils sont dans cette incertitude.

Tout ce travail de deuil, ce travail de séparation peut entraîner fatigue, angoisse, tristesse, colère... Et cela est normal. Cela fait partie du processus qui va permettre aux parents de laisser petit à petit leur adolescent devenir adulte.

De plus, quand son enfant devient adolescent, cela ramène chez ses parents les souvenirs et le vécu de leur propre adolescence. Ce qui n’est pas toujours simple… Etre parent d’adolescent n’est donc pas de tout repos. Cela peut demander un accompagnement quand cela devient trop dur. L’équipe de l’espace2E est là pour en parler et vous aider à traverser ce moment si vous en avez besoin.

LE JEU DU FOULARD

 

Le jeu du foulard appelé aussi jeu d’évanouissement, jeu de la tomate, rêve indien, rêve bleu…. est une pratique d’évanouissement ou d’étranglement qui touche les enfants de 4 à 20 ans.

Présentés comme anodins et sans dangers, ces « jeux » peuvent avoir des conséquences très graves, pouvant aller de séquelles irréversibles, à la mort. D’ailleurs on devrait parler de « pratiques dangereuses » plutôt que de « jeu », ce qui serait plus représentatif dans l’esprit des enfants.

Cela consiste à se comprimer la carotide, ainsi bloquer sa respiration ce qui peut provoquer à n’importe quel moment un évanouissement, des convulsions, un arrêt cardiaque ou pire… signes à repérer ?

 Traces suspectes sur le cou (parfois camouflées) 
 Lien, corde, ceinture traînant sans raison auprès du jeune 
 Maux de tête parfois violents, douleurs auriculaires 
 Diminution de la concentration 
 Rougeurs suspectes au visage 
 Bruits sourds dans la chambre 
 Questions posées sur les effets, les sensations, les dangers de la strangulation

Il faut dire à l’enfant qu’il ne sera jamais un délateur s’il alerte parce qu’il a été témoin de cette pratique dangereuse, c’est au contraire un acte de civisme. S’informer sur les jeux dangereux est primordial auprès du médecin traitant ou en téléchargeant la brochure de l’APEAS (Association de parents d’enfants accidentés par strangulation). http://www.jeudufoulard.com/

LE CANNABIS

Un adolescent sur deux s’initie au cannabis avant 18 ans. Il faut savoir que tous les milieux sociaux sont concernés par cette consommation qui touche plus fréquemment les garçons et qu’une personne sur dix fume régulièrement.

Le repli sur soi, l’échec scolaire, la déprime, sont des signes qui peuvent alerter les parents et souvent plus révélateurs que des symptômes physiques. Un adolescent non fumeur de tabac n’est pas forcément non fumeur de cannabis.

Le plus sûr moyen serait de poser la question franchement sans menaces ni banalité et dire que l’on s’inquiète est souvent bien compris par le jeune. Ni silence, ni cris : faire savoir que l’on est là sans dénonciation, chercher à savoir pourquoi un tel comportement. S’agit-il de mieux s’endormir, de moins souffrir après une peine de cœur, d’avoir plus d’assurance face aux copains… tout cela sans se braquer.

Il faut essayer de le faire réfléchir aux conséquences de ses actes (agressivité, conduite de voiture, manque d’énergie…). Le priver de sortie ou de portable ne sert à rien et pourrait accentuer le problème en le coupant de ses pairs et il trouverait un moyen de continuer sa consommation.

Où s’adresser pour obtenir de l’aide ?

Les parents peuvent se tourner vers les "consultations cannabis" de leur département

http://www.centre-rimbaud.fr/roanne.html

Les professionnels pourront recevoir l’adolescent et/ou ses parents. Quelques séances suffisent parfois à débloquer la situation. Plus la consommation est fréquente, constatée tôt (vers 11-12 ans) et plus il est urgent d’intervenir.

COMMENT L'ENFANT INTEGRE L'AUTORITE

44 % considèrent l’éclatement des familles comme un facteur susceptible d’altérer l’autorité. Mais le facteur le plus fréquent chez les parents, est le fait que ceux-ci craignent de perdre l’amour de leurs enfants, surprenant d’autant que le manque d’autorité des parents est un grief repris souvent par les adolescents.

Dialoguer et justifier les décisions prises, rappeler les grands principes, montrer l’exemple… tels sont les fondements d’une « bonne autorité ». Tous les parents se sont posés la question un jour « jusqu’où laisser aller son enfant ?, à quel moment mettre fin à ses caprices ?, comment se faire respecter ? »

L’autorité n’a rien à voir avec la soumission, ce qui rabaisse n’est pas de l’autorité.

Avant 12-13 mois le bébé ne comprend pas l’autorité, en revanche c’est le moment où il attrape tout, porte à sa bouche. Soit les parents déplacent les objets dangereux, soit ils commencent à exercer leur autorité en disant simplement « je ne veux pas que tu y touches » à condition d’être toujours cohérents et réguliers et être d’accord avec l’autre parent. Les enfants vérifient souvent que la règle soit toujours la même avec les deux parents.

De 2 à 5 ans, c’est l’âge où l’enfant dit non, il exerce son pouvoir de différenciation et d’opposition même s’il fait comme eux en disant « non ». Il faut alors veiller à ce qu’il ne dépasse pas certaines limites avec fermeté dans l’injonction (ne pas sourire, ne pas céder même s’il s’agit d’un seul bonbon). Trop de parents adoptent une attitude paradoxale entre séduction et injonction mais l’important étant de ne pas sombrer ni dans l’obéissance au doigt et à l’œil ni dans le laxisme, car dans l’éducation il doit toujours y avoir plus d’autorisations que d’interdits.

De 6 à 7 ans, l’enfant veut tout faire seul. Il peut tout à fait commencer à avoir ses préférences alimentaires mais il ne doit pas refuser de goûter comme il ne faut pas transiger sur l’heure du coucher en prévenant du moment fatidique à l’avance (au moins une demie heure avant) afin que l’enfant ne se retrouve pas devant le fait accompli.

De 7 à 8 ans, c’est le moment où il va essayer de désobéir à l’école pour essayer de conquérir un peu d’autonomie. Mais s’il a déjà appris à obéir, ce ne sera qu’une étape nouvelle et nécessaire à franchir.

Jusqu’à 10-12 ans, il n’y a pas de soucis particuliers, même si l’enfant commence à désobéir à ses parents pour mieux se fondre dans un groupe de copains.

A l’adolescence, il est normal que l’adolescent repousse les limites, par exemple, de la permission de minuit mais il est tout à fait normal que le parent se fâche dans ce cas là et promette la punition en cas de récidives.

Exercer son autorité c’est dire à son adolescent qu’on ne le laissera pas s’installer dans des comportements qui risqueraient de le mener dans une impasse. Pour les adolescents la famille reste une référence essentielle…

LES ENFANTS SE CHAMAILLENT SANS ARRET

 

L’objet des disputes varie selon l’âge des enfants. Petits, ils se chamaillent fréquemment à propos d’un objet, d’un jouet, d’un vêtement ou autre. Plus grands, les conflits concernent plus les notions de territoire, la chambre de chacun, la place dans le canapé, etc.

Très souvent les enfants se chamaillent pour attirer l’attention de leurs parents. D’ailleurs, quand les adultes s’absentent, les conflits retombent... Les enfants s’interrogent sur l’amour qui leur est porté. et c’est ailleurs difficile si l’un se sent lésé par rapport à l’autre, où que l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur perturbe le quotidien ou bien encore quand une famille se recompose.

Il s’agit de trouver un juste milieu en gardant une distance quand les enfants peuvent se débrouiller tout seul et intervenir quand la situation dure ou dégénère en mots ou en actes. La plupart du temps, comme c’est une réaction qu’attendent les enfants, si les parents se rendent compte des conflits et prennent le temps d’en parler avec eux, la situation s’améliore. Si le conflit s’installe entre deux membres de la fratrie en particulier et se prolonge dans le temps, il faut s’inquiéter et se faire aider.

Les chamailleries permettent aux frères et sœurs d’apprendre la communication, la négociation, le partage, le respect de l’autre et les règles. Les parents qui considèrent le conflit comme un drame absolu vont bien souvent réactiver les tensions. Ils ont tout intérêt à prendre du recul !

Chaque enfant possède sa propre personnalité, son caractère, ses goûts, ses qualités et ses défauts. Il est préférable d’adapter votre discours, votre comportement, vos règles et vos gestes à chacun d’entre eux. Passez du temps individuellement avec chacun pour construire une relation privilégiée mais aussi qu’ils aient l’occasion de se dévoiler, de parler, de s’affirmer autrement qu’au sein de la fratrie, qui parfois empêche d’être soi-même ou influence les comportements.

Il faut laisser la porte ouverte à vos enfants pour s’affirmer en tant qu’individu à travers des activités et des liens affectifs singuliers.

Les rapports frères-soeurs qu’ils peuvent développer constituent un bien précieux : l’apprentissage de la vie en communauté, de la solidarité, des plaisirs du partage....

Et vous êtes précisément la personne qui peut encourager cette harmonie et la solidifier. Cela passe par l’instauration de moments ensemble où chacun a sa place : lors d’un jeu collectif, autour de la table pendant les repas, lors de vacances en famille... Les "rituels" familiaux resserreront les liens : anniversaires, fêtes pour célébrer la réussite de l’un d’eux, albums photos etc. Les règles communes de la vie quotidienne constituent aussi une bonne base pour la complicité des enfants entre eux.

Un nouvel arrivant dans la famille peut bousculer le schéma en place. Chacun se repositionne et se voit, de fait, investi d’un nouveau rôle. Ce changement, s’il n’est pas bien assimilé, peut engendrer des malentendus et même des conflits durables entre les enfants. Prenez donc le temps d’expliquer l’événement, de rassurer vos enfants s’ils ont des inquiétudes particulières, de veiller à les soutenir s’ils se sentent "abandonnés" à ce moment de leur vie. Bref, pensez qu’avoir un nouvel enfant c’est aussi avoir un nouveau frère ou une nouvelle soeur.

Chaque famille possède sa propre configuration et vous ne pourrez pas l’empêcher. Mais pour autant, vous pouvez veiller à ne pas l’ériger en règle absolue ! Essayer de temps en temps d’échanger les rôles entre vos enfants, de les "déstigmatiser", cela les aidera à se définir autrement, à prendre la liberté d’être ce qu’ils sont sans qu’on leur impose une place inéchangeable.

La confiance : c’est la clé d’une fratrie sereine. Pour l’obtenir entre tous les membres de la famille, une seule règle d’or : parler. Le dialogue en tête à tête ou en tribu, quand ils le veulent mais aussi quand vous le voulez, dénoue la majorité des tensions. Les conflits mis à plat, les règles énoncées, l’amour réaffirmé mais aussi les angoisses rassurées, tout devient plus simple ! Grâce à la parole les émotions s’allègent ! Et pour que vos enfants aient l’habitude de s’exprimer, rien ne vaut une maman bavarde dès les premiers jours de bébé.

LA RIVALITE ENTRE FRERES ET SOEURS

La majorité des rivalités dans la fratrie ont pour cause, et pour conséquence d’ailleurs, d’attirer l’attention des parents et ceci à tous les âges. Tous les prétextes sont bons ! Petits, les enfants se disputent plutôt sur des points d’ordre matériel : jouets, nourriture, programme télé... Quand le dernier gagne en autonomie, le plus grand se sent "menacé" dans son territoire. Quand les parents offrent un cadeau à l’un, l’autre réclame le même. Plus tard, ces revendications auront tendance à se transformer en conflit de personnalités, en esprit de concurrence et en crises de jalousie mais ils traduisent toujours la même demande : être aimé d’avantage par papa et maman. Il faut jouer l’apaisement à tout prix.

Le mauvais réflexe serait de prendre partie et d’envenimer le conflit, de creuser un abîme entre les enfants. Beaucoup de parents commettent l’erreur de systématiquement prendre la défense du plus jeune. Cette attitude est légitime si elle vise à protéger le petit s’il est agressé par le plus grand mais elle ne doit pas être la seule réponse à la situation. D’où la nécessité d’aider l’aîné à exprimer sa souffrance et non de le punir systématiquement sans chercher à le comprendre. Cela passe d’abord par le dialogue. Une fois son ressenti extériorisé, il se portera bien mieux.

Autre solution tentante à éviter devant une dispute, supprimer le problème. Exemple : les enfants ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le film à regarder alors tout le monde est envoyé au lit. Résultat, les enfants sont frustrés et n’ont pas appris à trouver un terrain d’entente, à communiquer ensemble. En somme, il faut savoir intervenir mais à la bonne dose. Savoir les laisser régler leurs histoires tout seuls, tout en veillant à contenir les abus et sans stigmatiser chacun dans un rôle prédéfini.

Il s’agit de prendre du recul sur la situation et considérer les enfants comme des êtres uniques dénués d’un rôle préconçu. Petite astuce pour les aider à s’individualiser et donc moins se comparer : leur offrir des cadeaux ou des vêtements différents qui leur correspondent vraiment. Sur le coup, ils vont se chamailler et très vite se réjouir de la spécificité de votre attention.

La "fratrie idéale" est un mythe qu’il faut oublier. Les frères et sœurs vivent une relation complexe en constante évolution qui comporte comme toute relation des hauts et des bas avec l’expression de colères, d’énervement. Le conflit est sain, s’il est maîtrisé bien entendu. Pour cela, les parents ont un rôle d’accompagnateur à jouer. Cela passe par des activités collectives comme les jeux. Dans tous les cas les liens fraternels demeurent forts puisqu’ils s’appuient sur un passé commun solide : une enfance partagée 24h/24 et toute une famille en commun...

L'ANOREXIE

 

 

L’âge de survenue de l’anorexie connaît deux pics, l’un à 13-14 ans et l’autre vers 17-19 ans. L’anorexie commence presque toujours par un régime banal. Il faut s’intéresser à ce qui motive l’adolescente à faire un régime (seulement 1 garçon sur 9 filles est anorexique) et plusieurs phases se succèdent :

La phase d’optimisme est la première.

L’entourage familial et social complimentent l’adolescente pour ses efforts. Celle-ci développe des stratégies actives pour lutter contre la faim. Elle manifeste une hyperactivité intellectuelle et physique, jour et nuit, sans répit. Elle éprouve un exaltant sentiment de maîtrise de contrôle. Elle est fière de son apparence corporelle, du triomphe de sa volonté sur la faim et le corps. Elle se sent légère et pure. Elle a le sentiment de tout maîtriser, contrairement à avant, d’exister. C’est l’ambivalence « risquer la mort pour pouvoir vivre ». L’aménorrhée (arrêt des règles) est un signe qui peut également alerter : dans un cas de dénutrition le fonctionnement physiologique du corps est fortement perturbé. La personne est dans le déni de ce trouble compulsif alimentaire. Mais l’insatisfaction corporelle persistante et l’apparition de la fatigue viennent remettre en question ce sentiment de satisfaction.

La phase de détresse s’amorce

Plus l’amaigrissement s’aggrave, plus s’accroissent les peurs d’être grosse et de grossir et plus l’adolescente renforce ses prescriptions alimentaires. Les activités se restreignent et tout se centre sur l’amaigrissement. L’anorexique ne sort plus, ne voit plus personne, se replie sur elle-même, est dans une incapacité de penser. L’anxiété généralisée, la phobie sociale, la dépression sont les troubles les plus fréquents. Les idées de mort et de suicide sont alors souvent présentes et liées à un sentiment d’échec croissant. On peut constater aussi de la potomanie, c’est-à-dire un besoin irrépressible de boire des quantités énormes d’eau ou de thé avec des conséquences non négligeables pour la santé.

La phase de rémission s’ensuit

Si une prise en charge a lieu : Le début de la reprise de poids expose l’adolescente à des sentiments angoissants de perte de contrôle, d’intrusion, de désorganisation psychique. Des intolérances digestives accompagnent la modification de l’alimentation. Progressivement, avec le soutien psychologique et la reprise de poids, les craintes et les sensations pénibles s’atténuent. Plus l’adolescente prend du poids, moins elle a peur de grossir, plus elle peut affronter le miroir. Les règles, elles, sont plus longues à revenir.

Des rechutes sont possibles, une évolution vers la boulimie n’est pas rare. La mortalité globale est d’environ 4%. Pour parler de guérison, la mise en sens de l’anorexie est nécessaire

Plus vite l’anorexie est diagnostiquée, plus il y a de chance de la guérir : aucun médicament ne guérit l’anorexie, certains sont prescrits pour guérir d’autres symptômes (dépression, anxiété). La demande de soins de l’adolescente anorexique émerge, presque toujours des parents, la jeune fille étant dans le déni de ce trouble. Lors de la première consultation médicale il est nécessaire de poser le diagnostic d’anorexie mentale. On ne « tombe pas anorexique », cela ne guérit pas tout seul.

Il importe de s’engager dans un projet de soins. Il est fréquent que l’anorexique refuse l’hospitalisation. Quand l’anorexique est mineure, les parents doivent être les garants de la survie de leur enfant, avec l’aide des équipes de soins. Le projet d’hospitalisation est souvent fondé sur un contrat de poids. L’hospitalisation est alors conçue comme une expérience faisant se succéder deux étapes définies par :

  • Une période de séparation permettant pour la famille et la patiente de vivre une expérience de séparation afin de vérifier que chacun peut « vivre sans l’autre » et que cet « autre ne disparaît pas » et permettre qu’un tiers, représenté par une équipe dans toute sa diversité, puisse intervenir dans cette relation duelle figée.

  • Une période de retrouvailles quand le premier repère de poids a été atteint.

L’anorexie mentale est une maladie liée à un état mental particulier. Ce qui se passe à l’intérieur de la personne est compliqué et fortement lié aux difficultés de l’adolescence. Il est inutile de culpabiliser et prendre rendez-vous avec des spécialistes est souvent la plus sage solution.

L’association AFAB (Association de Familles d’Anorexiques et Boulimique) à St Etienne propose :

  • d’aider les familles dont un membre présente des troubles du comportement alimentaire

  • d’aider les malades en détresse hospitalisés ou non

  • de faire de l’information et de la prévention

LA BOULIMIE

 

 

L’anorexie mentale et la boulimie sont deux affections présentant de nombreuses similitudes mais aussi des différences. L’anorexie restrictive se situerait à un pôle extrême de maîtrise, de contrôle par restriction alimentaire, tandis que la boulimie non purgative constituerait l’autre pôle marqué par l’incapacité à maintenir ces conduites de restrictions, constituant en quelque sorte un « lâcher prise ». Des formes intermédiaires existent : l’anorexie purgative, la boulimie purgative. 70 à 90% des anorexies débutant à l’adolescence évoluent vers la boulimie. Anorexie et boulimie sont actuellement considérées comme des conduites de dépendance au même titre que l’alcoolisme et les toxicomanies.

Des causes socio-culturelles, familiales, psychologiques, biologiques ou génétiques doivent être prises en considération. Derrière ces conduites, on observe souvent une pathologie du lien et de la dépendance à la mère qui renvoie aux premières phases des relations mère-enfant.

La prévalence de l’anorexie en population féminine adolescente est d’environ 0,1 à 0,5%, tandis que la prévalence de la boulimie est nettement plus élevée de 2 à 8%. Anorexie et boulimie débutent fréquemment entre 13 et 19 ans, la boulimie ayant un pic vers 18 ans, lorsque l’adolescente devient plus indépendante.

Définition :

Le terme de boulimie, d’étymologie grecque, signifie faim de bœuf. Ce n’est que progressivement au cours du 20ème siècle que la boulimie en tant que syndrome et entité autonome parvient à se dégager des notions d’anorexie et d’obésité.

La boulimie, un phénomène de société ?

La maladie anorexique peut traduire une révolte contre une société de l’abondance, révolte manifestée par l’ascèse que s’imposent les patientes. En ce qui concerne la boulimie, peut-être davantage que pour l’anorexie, on peut parler de phénomène de société. La boulimie a explosé dans les années 1980. Sa fréquence est sous-estimée, puisque le trouble a peu de répercussion physique, au moins dans la forme classique : accès boulimique suivi de vomissement. Il semble que toutes les catégories socio-professionnelles soient concernées. Les cas masculins sont de plus en plus fréquents. Il semble que l’âge moyen d’apparition de la boulimie soit plus élevé, en tous cas ces jeunes femmes consultent plus tardivement que les anorexiques. La distinction anorexie-boulimie est, dans la pratique, parfois bien artificielle et l’on assiste à des passages successifs de l’une à l’autre. La boulimie renvoie à un sentiment de solitude et se rapproche davantage des conduites addictives. L’alternance boulimie –anorexie est dangereuse. En effet, la malade non seulement doit faire face aux effets de la sous-alimentation, mais en plus impose à son organisme les effets de la suralimentation, puis de l’évacuation par purgation ou vomissement. Le pire pour elle est la honte de s’être laissée aller. Son système d’auto-contrôle dérape et la malade risque d’aller vers la dépression ou le suicide.

Signes :

Le besoin de s’empiffrer ne laisse sereine aucune boulimique. C’est une urgence, un impératif : soit il surgit soudainement, soit il est planifié à l’avance. C’est souvent le soir que ces moments interviennent, en cachette, ou quand la malade est seule. Les dépenses effectuées pour les achats de nourriture conduisent à des ennuis financiers allant jusqu’au vol d’aliments. Une fois passée l’excitation et la frénésie de l’épisode compulsif, la panique et la culpabilité envahissent la boulimique. Celle-ci se sent mauvaise, coupable, incapable de se maîtriser, dégoutante, laide, grosse. Elle se déteste pour son attitude. Alors elle se fait vomir ou s’administre des laxatifs ou s’arrête de manger. Son corps répond à cet impitoyable traitement par un désir de nourriture qu’elle tente d’ignorer jusqu’à ce que cela devienne impossible et qu’elle plonge à nouveau. La boulimique n’identifie pas la sensation de faim et le besoin de la satisfaire. Elle ne connait que la famine ou le banquet. Pour la boulimie et la compulsion, le processus de la crise s’inscrit dans le scénario suivant :

  • 1. La pensée de la crise vient.

  • 2. Cette idée envahit le champ de la conscience, s’impose.

  • 3. Plus rien ne compte…

  • 4. Parfois le malade tente de résister.

  • 5. La pensée est là, pourtant, obsédante, toute puissante.

  • 6. L’angoisse monte et avec elle, l’irritabilité, la nervosité.

  • 7. Vient alors l’ingestion massive d’aliments en vrac.

  • 8. Dans la solitude.

  • 9. La certitude de perdre tout contrôle en découle.

  • 10. Et, pour finir, le dégoût de soi-même et la honte.

Une hypothèse est que les boulimiques expriment des besoins ou des appétits énormes uniquement pour les regretter ou les nier après, ceci s’observant dans le comportement alimentaire mais aussi dans la gestion du budget, dans l’opposition ordre-désordre, dans le comportement sexuel. Autant dans l’anorexie le corps est nié, autant dans la boulimie, le corps est envahissant. Il est vécu comme disgracieux, voire monstrueux.

Mais les boulimiques sont très attachés à « l’enveloppe », à ce qui se donne à voir aux autres et adoptent des attitudes séductrices. Le trait dominant chez la boulimique est la perte de l’estime de soi ; elle ne s’aime pas, se méprise. Un autre sentiment, c’est le « vide » qu’elle ressent en elle-même. C’est à la fois un vide corporel, le corps étant vécu comme un sac à remplir, mais aussi un vide moral et affectif. La boulimique est souvent confrontée à un sentiment de solitude qui engendre un état dépressif. Sa personnalité s’apparente à celles des alcooliques et des toxicomanes ; la boulimique est une véritable « toxicomane de la nourriture ». Mais la boulimique exprime aussi le désir de mordre, de dévorer avec une agressivité qu’elle retourne contre elle-même, ne pouvant avouer cette haine envers les autres. Enfin la boulimie isole de plus en plus la jeune fille angoissée à l’idée d’un repas chez des amis. Ceci la conduit à la dépression et à l’enfermement dans le cycle boulimie-vomissement- repli sur soi

Prises en charge :

L’hospitalisation des patientes boulimiques est exceptionnelle. Un suivi au long cours est préféré, compte tenu du caractère chronique et durable. Le suivi doit privilégier le soutien narcissique, le renforcement du moi, la restauration d’une bonne image corporelle pouvant faire appel aux techniques de relaxation. L’approche thérapeutique de la boulimie associe le traitement symptomatique à savoir la thérapie comportementale à la psychothérapie individuelle. Cette dernière prise en charge est compliquée par la difficulté qu’éprouvent ces patientes à s’impliquer dans une relation duelle empreinte de sentiment de dépendance. Elles oscillent en permanence entre une extrême sensibilité à toute déception et une intolérance à tout investissement transférentiel. Une aide en groupe permet souvent cet aspect de transfert trop massif et trop inquiétant.

Les entretiens avec les parents ou la thérapie familiale sont un bon complément. La prescription d’antidépresseurs peut aider à casser l’emballement des crises ou lors d’épisodes dépressifs. Dans la boulimie, une des premières fonctions de la psychothérapie est d’offrir une relation dans laquelle ces patientes puissent se laisser aller à être maternées. La difficulté qu’elles éprouvent à accepter cela est précisément la raison pour laquelle la psychothérapie des boulimiques est souvent caractérisée par des « à coups » : cette peur d’être aidée est en fait la peur de revivre des expériences traumatisantes Une relation thérapeutique satisfaisante n’est en général possible qu’une fois dépassée cette période initiale dominée par les fluctuations et les attaques du cadre de vie.

L’association AFAB (Association de Familles d’Anorexiques et Boulimique) à St Etienne propose :

  • d’aider les familles dont un membre présente des troubles du comportement alimentaire

  • d’aider les malades en détresse hospitalisés ou non

  • de faire de l’information et de la prévention

QUAND LES ENFANTS PARTENT

 

Il est parfois difficile de vivre cette étape douloureuse mais tellement naturelle et indispensable. Néanmoins la plupart des parents ne s’en portent pas si mal, quelquefois même soulagés de retrouver du temps pour eux et d’investir dans d’autres relations, d’autres activités avec un regard différent sur leur adolescent qui devient, cette fois ci adulte et voient la relation devenir ainsi plus mûre et enrichissante. Même s’il faut un certain temps pour changer les habitudes, appelant leur progéniture tous les jours…

35 % des parents et en majorité des mères souffrent du « syndrome du nid vide », dépression qui peut s’apparenter à la dépression post-partum. C’est un sentiment de vide, d’abandon, de vacuité. Les mères disent ne plus servir à rien.

Le mieux serait de se préparer à ce départ comme on prépare sa retraite, se projeter pour trouver de nouvelles activités à faire, de nouveaux projets de couple également et ne pas trop s’occuper de l’enfant parti en le laissant un maximum autonome : aider occasionnellement, être une présence discrète mais rassurante mais ne pas tout faire à sa place même quand il n’est plus là.

Le problème est que cette dépression est souvent cachée par d’autres choses. A cette période de la vie, il peut s’agir de la ménopause, par exemple, ou des parents âgés qui tombent malades. Donc, on ne sait pas trop ce qui cause cet état fragile. Le gynécologue ou le médecin généraliste peut déjà vous aider à y voir plus clair. Et après, peut-être, vous pourrez envisager de voir un professionnel de l’écoute pour décrypter ce qui peut se passer. Car si ce départ se passe si mal, c’est qu’auparavant, il y a certainement déjà eu des problèmes de rupture. Du coup, le départ de son propre enfant réactive souvent ce sentiment d’abandon.

Il ne faut pas craindre cette étape qu’il faut préparer un minimum et en parler. De même faire confiance à l’enfant est essentiel. Il faut savoir qu’il est beaucoup plus responsable qu’on ne pourrait le croire. On voit parfois des jeunes adultes complètement différents dans leur façon de vivre qu’ils ne l’étaient quand ils vivaient chez leurs parents. Le fait de quitter les parents déclenche quelque chose chez l’adolescent, les relations parents/enfants peuvent être meilleures même si on ne le voit pas souvent, et surtout parce qu’on ne le voit pas souvent….

L'ALCOOL

L’abus d’alcool et/ou de drogues chez un adolescent révèle souvent des souffrances… La consommation modérée d’alcool chez les adolescents est le plus souvent une provocation envers les adultes et la société, un pied de nez aux interdits. La moitié d’entre eux, vers 14-15 ans, fait l’expérience de l’ivresse sans évolution vers une conduite addictive. Malheureusement, les adolescents qui vont mal, consomment abusivement : pour ceux-ci repliés sur eux-mêmes et manquant d’initiative sociale, la prise de produits est considérée comme un facteur d’intégration dans le groupe.

Ce n’est pas la notion de quantité qui est importante pour juger d’une consommation acceptable ou pathologique, mais du rapport du jeune à l’alcool ou à la drogue, qui dépend de son état général ainsi que du moment de son développement mental (prendre une « cuite » à 11 ans n’est pas la même chose qu’à 17 !).

Quand un comportement problématique survient, il s’inscrit souvent dans le cadre d’autres troubles. Si la souffrance s’installe, elle pèsera sur le développement du jeune en modifiant durablement son image de soi et sa relation à l’autre. Un adolescent qui boit de façon excessive une ou deux fois lors d’une fête c’est un écart tolérable car réversible ; si la consommation est régulière c’est une conduite de danger, de rupture et un signe de souffrance sur lequel il faut agir.

Il ne s’agit pas de chercher des preuves, de faire avouer, car les intrusions, les questions braquent l’adolescent, exacerbent les conflits. La réaction la plus adaptée serait de répéter, sans jugement de valeur « je m’inquiète, j’ai peur du danger ». Même si l’adolescent conteste, il aura enregistré le souci et l’intérêt qui lui est porté. Il se sentira alors compris et non jugé et il pourra être défini avec lui, une nouvelle charte de conduite, des limites.